Dur, dur ~ Banana Yoshimoto


Première rencontre avec Banana Yoshimoto, véritable star de la littérature au Japon, grâce à ces deux nouvelles qui composent ce petit livre. Ces deux courts textes traitent tous les deux de thèmes communs : la mort, la perte d'un proche, la solitude mais également l'amour et l'espoir.

La première nouvelle, "Peau dure", raconte la marche en montagne au crépuscule d'une jeune femme dont l'ex compagne est récemment décédée. Sa nuit à l'hôtel n'est qu'une succession de rêves, de cauchemars, d'apparitions et de souvenirs. Une jolie nouvelle qui oscille entre surnaturel et réalité, regrets et espoirs, toute en finesse.

Dans la seconde nouvelle, "Coup dur", nous suivons une jeune japonaise dont la sœur, victime d'un AVC,  vit ses derniers instants. Paradoxalement, c'est grâce à cette tragédie familiale qu'elle va enfin rencontrer l'amour. Cette nouvelle relate le tiraillement de cette jeune femme entre perte tragique et amour naissant.

J'ai découvert Banana Yoshimoto grâce à Marion qui tient le blog The Buried Talent. Je la remercie chaleureusement car j'ai été vraiment touchée par ces deux textes. Grâce à son écriture toute en délicatesse et en poésie, Banana Yoshimoto réussit à faire ressortir de moments tragiques la beauté de la vie.

Dur, dur de Banana Yoshimoto
Aux éditions Payot, Rivages
128 pages

A suivre :










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Les âges sombres ~ Karen Maitland


Après son excellent premier roman La compagnie des menteurs élu meilleur livre de l’année par le New York Times, Karen Maitland revient avec Les âges sombres.

Cette fois-ci, Karen Maitland nous entraîne à Ulewic, village isolé de l’est de l’Angleterre. Nous sommes en 1321, les habitants du village vivent sous la domination de leur seigneur, Lord d’Acaster, et de l’Eglise représentée par le père Ulfrid.

Quelques années auparavant, une communauté de femmes chrétiennes venues de Belgique a installé son béguinage non loin du village. Si au départ la présence de ces femmes célibataires vouées à Dieu était plutôt tolérée, les catastrophes qui vont s’abattre sur Ulewic risquent de changer les choses.

Les saisons sont de plus en plus rudes, les récoltes se font maigres, une étrange fièvre se propage parmi les habitants. Profitant de ce chaos naissant, quelques hommes du village vont décider de remettre au goût du jour d’anciennes croyances qui avaient cours à Ulewic : les maîtres huants, un ordre obscur qui terrorisait autrefois les villageois en organisant des rites païens sauvages.

Conscients que les béguines constituent une menace pour eux, les maîtres huants vont monter les villageois contre elles en faisant courir le bruit que ces femmes sont la cause de tous leurs maux. Sous l’autorité de Servante Martha, les béguines vont devoir démasquer  ces hommes avant que le pire soit commis.


Décidément, je vais de coup de cœur en coup de cœur ces derniers temps. Moi qui craignais en commençant ce livre de ne pas retrouver l’ambiance et le suspense que j’avais tant appréciés dans La compagnie des menteurs, j’ai vite été rassurée et n’ai plus été capable de lâcher ce livre.

Ici encore, Karen Maitland faire preuve d’une érudition et d’un talent hors du commun. Le lecteur se retrouve plongé, comme en immersion, dans cette communauté de femmes menacées. L’auteur arrive à retranscrire cette ambiance sombre et mystique qui caractérise le Moyen-âge. L’atmosphère y est pesante, oppressante.

Comme dans La compagnie des menteurs, l’auteure s’est attachée à créer des personnages forts et porteurs de lourds secrets qui peu à peu se révèlent. Les personnages des béguines sont particulièrement intéressants et nous aident à comprendre qui étaient ces femmes qui, tout en n’étant pas religieuses, choisissaient de consacrer leurs vies à Dieu.

Si j’ai froncé les sourcils en lisant sur la quatrième de couverture que Karen Maitland se hissait au niveau d’Umberto Eco, je dois reconnaître que cette comparaison n’est en rien exagérée. L’intrigue et l’ambiance n’ont par certains égards rien à envier au Nom de la rose.

Ce livre est tout simplement époustouflant. Il ravira les amateurs du genre et convaincra définitivement les néophytes.

Un grand merci aux éditions Sonatine.

Les âges sombres de Karen Maitland
Aux éditions Sonatines
670 pages

A suivre : 



  






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La Nièce d'Hitler ~ Ron Hansen


Attention, coup de !

Je n'avais jamais entendu parler de la relation étrange et ambiguë qu'entretenait Adolf Hitler avec sa jeune nièce Geli Raubal. C'est un billet du blog La ruelle Bleue qui a éveillé ma curiosité et donné envie de lire ce livre.

C'est en juin 1908 que Hitler rencontre pour la première fois sa nièce à l'occasion de son baptême. Hitler est alors un artiste raté, en conflit avec sa famille et qui voit dans les minorités ethniques la cause de tous les maux de la société. Le deuxième rencontre se fera en prison en 1923. Entre temps, Hitler est devenu un brillant orateur parvenu à la tête du parti national socialiste voulant offrir à l'Allemagne sa revanche suite à l’humiliant Traité de Versailles.

Petit à petit, il prendra sa nièce sous son aile et lui offrira une éducation et un confort de vie dignes des plus grandes familles allemandes. La jeune femme est fascinée par cet oncle parti de rien devenu porteur de tous les espoirs du peuple allemand.

En 1927, Hitler accueille Geli sous son toit. Amoureux et très possessif, il veut désormais garder l’œil sur sa nièce à chaque instant. La jeune femme vit désormais recluse et doit faire face aux assauts de plus en plus violents de son oncle. Ses tentatives pour s'enfuir seront vaines et se solderont par sa mort dont les causes sont restées inexpliquées.

Ce livre est basé sur des faits réels que Ron Hansen a choisi de romancer. Nous sommes introduits dans le quotidien d'Hitler, de sa famille et de sa garde rapprochée dont les très détestables Himmler, Goebbels et Goering. Hitler y apparaît parfois comme un homme normal aux plaisirs simples, visiblement cultivé et doté de talents artistiques. 

Pour autant, Ron Hansen a réussi à ne pas donner une image trop humaine de cet homme, bien au contraire d'ailleurs. Au fur et à mesure, la personnalité complexe du futur dictateur se fait jour et on sent poindre les monstruosités dont il sera l'instigateur quelques années plus tard. Car sous cette maîtrise apparente, Hitler est un homme profondément instable, voulant tout contrôler, paranoïaque et mal à l'aise avec les femmes, sauf avec sa nièce.

Ce récit bien documenté se révèle très instructif, il m'a fait découvrir une facette du IIIème Reich qui m'était jusqu'alors parfaitement inconnue. 

La Nièce d'Hitler est un livre excellent, un de ceux qu'on ne veut plus lâcher une fois qu'on l'a commencé. Je vous invite à le lire.

«Elle resta donc les yeux baissés le temps qu’il débarrasse ses jambes maigres de son pantalon et le plie sur un cintre. Elle avait oublié qu’il portait des caleçons longs en hiver. Elle aperçut des morceaux de chair molle qui ballottaient … »

La nièce d'Hitler de Ron Hansen
Aux éditions Phébus, collection Libretto
388 pages

A suivre : 










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La nuit des corbeaux ~ John Connolly


Première rencontre avec John Connolly et son détective Charlie Parker qui en est tout de même à sa dixième enquête. Pourtant, contrairement au livre de Harlan Coben dont je vous parlez ici, je n'ai eu aucun mal à prendre cette série en cours de route.

Durant son adolescence, Randal Haight a commis l'irréparable : il a assassiné une jeune fille de quatorze ans. Aujourd'hui installé dans une petite ville du Maine, son désir de refaire sa vie en toute discrétion est anéanti le jour où il commence à recevoir des lettres anonymes. Ces lettres contiennent des photos lui rappelant le crime qu'il a commis.

L'avocate de Randal Haight propose alors à Charlie Parker de mener l'enquête afin de découvrir la provenance de ces lettres. Mais le jour où une adolescente disparaît dans cette petite ville, le détective commence à émettre de sérieux doutes quant à l’innocence de son client.

La nuit des corbeaux est un polar très réussi. Bien construit, bien écrit, j'avoue avoir été totalement bluffée par ce John Connolly. 

Le livre s'ouvre sur une scène sombre à souhait mettant en scène une bande inquiétante de corbeaux à l'affut d'une proie, scène qui n'est pas sans rappeler Les oiseaux d'Alfred Hitchcock. Cette scène donne le ton, elle met en place l'ambiance chargée de tension qui règne dans ce polar.

La suite du livre n'est qu'une succession de rebondissements. L'auteur nous ballade, à tel point qu'il a presque réussi à me perdre en cours de route quand j'ai vu surgir une bande de mafieux dont la présence m'échappait totalement. Au final, tout se met en place et tout devient limpide. Le dénouement est absolument magistral, à aucun moment je ne l'ai vu arriver.

Le personnage de Charlie Parker fait beaucoup dans la réussite de ce livre. Un homme brisé, dont la femme et la fille ont été assassinées plusieurs années plus tôt et dont il croit parfois voir les fantômes. Charlie Parker est un homme violent, aux méthodes contestables et constamment en proie aux doutes. 

J'avoue, l'amatrice de polars que je suis s'en veux terriblement de ne découvrir John Connolly qu'aujourd'hui, mais je compte bien rattraper mon retard.

Un grand merci à Pauline de chez Athomédia et aux Presses de la cité pour cette découverte.

La nuit des corbeaux de John Connolly
Aux Presses de la cité
450 pages
Livre lu dans ce le cadre d'un partenariat

A suivre :










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