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Mr Monster ~ Dan Wells

Souvenez-vous, je vous parlais il y a quelques semaines du premier livre de Dan Wells, Je ne suis pas un serial killer. On y faisait la connaissance de John Wayne Cleaver, un adolescent convaincu d’être un tueur en série en puissance. Si j’avais plutôt aimé ce livre et son originalité, j’étais restée quelque peu sur ma faim.  

Mr Monster est la suite de Je ne suis pas un serial killer. On y retrouve un John Wayne, toujours en proie avec ses démons, qui lutte pour réfréner ses pulsions meurtrières. La découverte de nouveaux cadavres dans les environs du patelin où il vit n’arrange d’ailleurs pas les choses. Cette fois-ci, c’est des jeunes femmes qui sont retrouvées mortes, affreusement mutilées, et John ne peut s’empêcher de se demander si ces morts ont un lien avec le tueur en série qu’il avait dû affronter dans le tome précédent. Il va donc petit à petit s’immiscer dans l’enquête de police, et se retrouver rapidement rattrapé par la réalité…

Écrire cette chronique n'a pas été chose facile dans la mesure où j’aurais tout simplement pu faire un copier/coller de la précédente. Car mes impressions sont les mêmes : j’aime l’originalité du cette histoire, j’aime le personnage de John mais c’est à peu près tout.

Une petite différence tout de même : Mr Monster est plus dur que Je ne suis pas un serial killer et certains passages m’ont un peu mis mal à l’aise. J’ai pourtant tendance à apprécier la noirceur mais ici l’atmosphère ne suit pas forcément, on passe d’une ambiance un peu gentillette par moment à une séquence violente sans y être préparer. J’ai également l’impression qu’il manque quelque chose, que l’intrigue n’est pas aboutie ou bien trop simpliste et qu’y a-t-il de pire que de pouvoir anticiper ce qui se passe dans un polar ?

Petite déception donc mais il faut dire que je suis compliquée en matière de polars… Je ne vous déconseille pas pour autant ce livre, il peut d’ailleurs faire une excellente lecture de vacances. Les amateurs des polars bien noirs et d’intrigues retorses devront cependant passer leur chemin.

Mr Monster de Dan Wells
Aux éditions Sonatine
293 pages
Livre reçu dans le cadre d'un partenariat

A suivre : 










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Je ne suis pas un serial killer ~ Dan Wells


J'encensais il y a quelque temps le dernier polar de Steve Mosby dont j'avais vraiment apprécié l'originalité. Je ne suis pas un serial killer est lui aussi, mais dans un genre tout à fait différent, un polar très original.

John Wayne Cleaver est un adolescent particulier : introverti, incapable de nouer de vraies relations que ce soit avec sa famille qu'avec ses camarades de classes, il nourrit depuis son plus jeune âge une véritable passion pour les tueurs en série. Et pour cause, il est persuadé d'en être un lui-même. Son psy est d'ailleurs formel : John est un sociopathe.

Sa vie bascule le jour où un tueur en série commence à sévir dans la petite ville où il vit. Des corps atrocement mutilés sont retrouvés dans les environs. Ces cadavres ont tous un point commun : une partie du corps disparaît à chaque fois. 

La passion de John pour les serial killer se transforme alors vite en obsession puisqu'il n'a désormais qu'une idée en tête : se confronter à cet adversaire qui semble être à sa taille.

Ce qui est intéressant dans ce livre ça n'est pas tant ce serial killer qui laisse derrière lui des cadavres en pièces détachées que ce combat intérieur que John se livre avec lui-même, non sans une certaine dose d'humour d'ailleurs. Pour se protéger et surtout pour protéger son entourage, le jeune homme a mis en place toute une série de règles destinées à empêcher sa vraie nature de se faire jour. 

L'intrigue prend une nouvelle tournure lorsque John découvre que le monstre qu'il pourchasse est une de ses bonnes connaissances. Mais rien ne lui enlèvera de l'esprit qu'il faut l'empêcher de nuire, plus par envie de tuer que par réelle philanthropie...

Le personnage de John est très intéressant. Incapable de ressentir la moindre empathie, il n'en reste pas moins une jeune homme très attachant malgré la noirceur qui l'habite. 

Je ne suis pas un serial killer est donc un bon polar qui change un peu de ce qu'on a l'habitude de lire. Même si ce livre n'est pas le meilleur que j'ai pu lire, je le conseille pour son originalité. J'ai même tendance à penser que ce livre est un peu à la série littéraire ce que le pilote est à la série télévisée : un moyen de mettre les choses en places puisque Sonatine vient de publier le nouveau livre de Dan Wells, Mister Monster, où l'on retrouve le jeune John Wayne Cleaver. Je vous en reparle très vite.

 Je ne suis pas un serial killer de Dan Wells
Aux éditions Sonatine
270 pages
Livre emprunté en bibliothèque

A suivre :










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Les âges sombres ~ Karen Maitland


Après son excellent premier roman La compagnie des menteurs élu meilleur livre de l’année par le New York Times, Karen Maitland revient avec Les âges sombres.

Cette fois-ci, Karen Maitland nous entraîne à Ulewic, village isolé de l’est de l’Angleterre. Nous sommes en 1321, les habitants du village vivent sous la domination de leur seigneur, Lord d’Acaster, et de l’Eglise représentée par le père Ulfrid.

Quelques années auparavant, une communauté de femmes chrétiennes venues de Belgique a installé son béguinage non loin du village. Si au départ la présence de ces femmes célibataires vouées à Dieu était plutôt tolérée, les catastrophes qui vont s’abattre sur Ulewic risquent de changer les choses.

Les saisons sont de plus en plus rudes, les récoltes se font maigres, une étrange fièvre se propage parmi les habitants. Profitant de ce chaos naissant, quelques hommes du village vont décider de remettre au goût du jour d’anciennes croyances qui avaient cours à Ulewic : les maîtres huants, un ordre obscur qui terrorisait autrefois les villageois en organisant des rites païens sauvages.

Conscients que les béguines constituent une menace pour eux, les maîtres huants vont monter les villageois contre elles en faisant courir le bruit que ces femmes sont la cause de tous leurs maux. Sous l’autorité de Servante Martha, les béguines vont devoir démasquer  ces hommes avant que le pire soit commis.


Décidément, je vais de coup de cœur en coup de cœur ces derniers temps. Moi qui craignais en commençant ce livre de ne pas retrouver l’ambiance et le suspense que j’avais tant appréciés dans La compagnie des menteurs, j’ai vite été rassurée et n’ai plus été capable de lâcher ce livre.

Ici encore, Karen Maitland faire preuve d’une érudition et d’un talent hors du commun. Le lecteur se retrouve plongé, comme en immersion, dans cette communauté de femmes menacées. L’auteur arrive à retranscrire cette ambiance sombre et mystique qui caractérise le Moyen-âge. L’atmosphère y est pesante, oppressante.

Comme dans La compagnie des menteurs, l’auteure s’est attachée à créer des personnages forts et porteurs de lourds secrets qui peu à peu se révèlent. Les personnages des béguines sont particulièrement intéressants et nous aident à comprendre qui étaient ces femmes qui, tout en n’étant pas religieuses, choisissaient de consacrer leurs vies à Dieu.

Si j’ai froncé les sourcils en lisant sur la quatrième de couverture que Karen Maitland se hissait au niveau d’Umberto Eco, je dois reconnaître que cette comparaison n’est en rien exagérée. L’intrigue et l’ambiance n’ont par certains égards rien à envier au Nom de la rose.

Ce livre est tout simplement époustouflant. Il ravira les amateurs du genre et convaincra définitivement les néophytes.

Un grand merci aux éditions Sonatine.

Les âges sombres de Karen Maitland
Aux éditions Sonatines
670 pages

A suivre : 



  






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Un long silence ~ Mikal Gilmore

Gary Gilmore est l'un des condamnés à mort américains le plus célèbre. Son histoire a inspiré à Norman Mailer son fameux Chant du bourreau qui retrace la fin de sa vie jusqu'à son exécution et l'acharnement médiatique auquel elle a donné lieu.

Reconnu coupable d'avoir assassiné deux jeunes mormons dans une petite ville de l'Utah, ce n'est pas ses crimes qui l'ont rendus célèbre ni même sa condamnation à mort en tant que telle. S'il fut le premier meurtrier a avoir été exécuté depuis la suspension de la peine capitale dix ans plus tôt avant son rétablissement par la Cour suprême en 1976, c'est bien son renoncement à tout recours et même sa volonté à être fusillé, son "droit de mourir", persuadé que cette exécution était la suite logique d'une vie qui l'a mené tout droit devant un peloton d'exécution qui ont marqués les esprits.

Mikal Gilmore, l'auteur de ce livre, est le plus jeune frère de Gary Gilmore. Il nous relate ici l'histoire des Gilmore et nous explique, au fil des pages et des générations de cette famille, comment son frère a pu emprunter cette macabre route qui semblait par de nombreux égards toute tracée.

Un père escroc qui a passé sa vie à fuire ses créanciers, une mère effacée à la santé mentale fragile, deux parents violents entre eux et avec leurs enfants, un système éducatif démissionnaire, un système pénitentiaire où l'idée même de réinsertion n'existe pas et des fantômes familiaux qui sont là, silencieux mais bien présents, ont-ils rendu le destin de Gary Gilmore inéluctable ?

Dans ce portrait de famille, Mikal Gilmore ne laisse aucune place aux concessions et aux excuses. Ce récit est d'une puissance et d'une sincérité hors du commun. Sa noirceur nous frappe. Nous nous retrouvons embarqués dans la quête de Mikal Gilmore. Un quête de la vérité, de la compréhension et peut-être de la rédemption pour retrouver une vie normale, sans l'ombre de ce frère qui plane, tout le temps.

Ce livre est dur, il est d'ailleurs bien difficile d'en ouvrir un autre une fois celui-ci terminé, mais il prête à réfléchir et nous laisse littéralement scotché. Je pense lire Le chant du bourreau d'ici quelques temps, histoire d'approfondir ma compréhension de cette affaire.

"Dans un monde meilleur, mes parents ne se seraient pas rencontrés - ou du moins ils ne se seraient pas mariés et n'auraient pas fondé un foyer. Dans un monde meilleur, je ne serais pas né. Franck Gilmore et Bessie Brown étaient deux êtres pitoyables et misérables. Je les aime, mais je dois dire ceci: c'est une tragédie qu'ils aient eu des enfants. "

Un long silence de Mikal Gilmore
Aux éditions Sonatines (en poche chez Points)
565 pages 

A suivre :


 







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Adieu ~ Jacques Expert

Le commissaire Langelier arrive au terme de sa carrière de commissaire de police. Au soir de son pot de départ, il décide de revenir sur une affaire retentissante, qui lui a valu de perdre sa famille et de voir cette carrière grandement compromise.

Nous voici donc repartis dix années en arrière, en 2001, lorsque plusieurs femmes et leurs enfants ont été retrouvés morts assassinés, leurs maris avaient quant à eux tout simplement disparus. A l’époque, Langelier, chargé de l’enquête, avait l’intime conviction que l’un des maris était le coupable. Mais face à une enquête au point mort alors que les meurtres continuaient, à une population en émoi et à des médias intraitables, Langelier s'était retrouvé dessaisi de l’affaire.

Peu de temps après, un suspect était identifié et arrêté. Pourtant, Langelier restait convaincu que cet homme n’était pas coupable et continuait de mener l’enquête de son côté et ce n’est que dix ans plus tard, lors de ce pot de départ, que l’incroyable vérité, sera révélée.

De Jacques Expert, j’avais déjà lu La femme du monstre, que j’avais plutôt apprécié malgré l’agacement que son sujet avait pu provoquer en moi. Adieu est différent, j’ai trouvé l’intrigue bien mieux construite et beaucoup plus intéressante. Il ne s’agit pas d’un polar au sens strict du terme, j'aurais d'ailleurs tendance à le qualifier de "polar psychologique". Ici, peu de sang et pas de chasse à l’homme effrénée, mais une enquête que nous suivons pas à pas en partageant les espoirs et les désillusions de Langelier, flic mystérieux voire torturée mais attachant.

Pourtant, ce n’est qu’aux toutes dernières pages que le voile se lève vraiment et que nous prenons en plein visage une vérité qui m'avait traversé l'esprit mais que je n'osais croire réaliste. Certains pourront peut être reprocher le style un peu procédurier de Jacques Expert, pour ma part il ne m'a pas dérangé outre mesure.

Une belle intrigue, un dénouement magistral et un suspense qui ne s’essouffle jamais, bref,  tous les ingrédients d’un très bon polar

Adieu de Jacques Expert
Chez Sonatine
 327 pages

A suivre :










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Les Fleurs de l'ombre ~ Steve Mosby

On peut parfois être tentés de se demander s’il est encore possible d’être original quand on écrit des polars. Le genre étant particulièrement florissant depuis de nombreuses années maintenant, le lecteur peut-il encore être surpris ? Eh bien oui, c’est ce qui m’est arrivé avec ce livre.

Son originalité tient d’ailleurs à son sujet. Dans ce livre, il n'est pas question d’une petite fille qui disparaît, mais d’une petite qui réapparaît un jour, sur la jetée d’une petite ville balnéaire, un sac à main contenant une fleur noire dans les bras. 

A partir de là, c’est un véritable labyrinthe savamment maîtrisé par l’auteur qui se met en place. Les époques et les narrateurs s’alternent sans jamais laisser le lecteur au bord de la route. Cette réapparition est en fait tirée d’un livre, Les fleurs de l’ombre, écrit pas un certain Robert Wiseman en 1991. L’auteur aujourd’hui décédé, un ancien ami à lui, écrivain également, décide d’en écrire la suite, jusqu’à ce qu’il meurt dans des circonstances étranges lui aussi. Son fils Neil, qui tombe sur les documents de travail de son père et sur ce fameux livre, décide de mettre un peu de lumière dans tout ça et de mener l’enquête. Pas pour le plaisir ni pour rendre hommage à son père, mais parce que sa petite amie enceinte vient d’être kidnappée par une personne se présentant comme le tueur en série protagoniste des Fleurs de l’ombre. Réalité, fiction, Neil va essayer de démêler le vrai du faux. 

Et la petite fille me direz-vous ? Elle est au centre de l'histoire. Qui est-elle, qu’est-elle devenue ? Ces questions constituent le fil conducteur de ce livre.

Je dois reconnaître avoir été assez bluffée par ce nouveau livre de Steve Mosby. Certes j’avais déjà beaucoup aimé Un sur deux, son précédent polar mais celui-ci lui est largement supérieur. De par son intrigue originale bien sûr mais également de par la maîtrise de Mosby de son récit. Tout arrive au bon moment, le suspense y est savamment orchestré et l’écriture agréable vient parfaire le tout. 

Je me suis laissée totalement transportée par cette histoire sinueuse entre les époques et les personnages. Quant au dénouement final, je ne l’ai pas vu venir. J’aurais juste tendance à regretter le côté un peu soudain de ce dénouement, mais  c’est  vraiment le principe de trouver un point négatif car cela ne gâche en rien la lecture. 

Encore une fois, les éditions Sonatine m’ont régalé et je tiens à vous prévenir : mes deux prochaines lectures seront aussi des livres publiés par cette maison d'édition. Quand on aime on ne compte pas n'est-ce pas (et pour les mauvais esprits, je précise que je n’ai pas passé de partenariat avec cette maison d’édition).

Les fleurs de l'ombre de Steve Mosby
Chez Sonatine éditions
354 pages
Livre offert pour mon anniversaire (merci Mathilde !)

A suivre :










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Blue Jay Way ~ Fabrice Colin

Attention, coup de cœur...

Julien est un petit français qui vit à New York. Toujours pas remis de la mort de son père lors des attentats du 11 septembre, Julien se rattache à sa passion pour la littérature et plus particulièrement pour les livres de Carolyn Gerritsen. Cette écrivaine américaine est d'ailleurs le sujet du livre qu'il est en train d'écrire.

Au fur et à mesure de son étude, Julien et Carolyn vont se lier d'amitié, à tel point que celle-ci va demander à Julien de partir vivre quelques temps à Los Angeles aux côtés de son fils Ryan, complètement paumé depuis son passage dans une téléréalité produite par son père. Officiellement, Julien doit intervenir en tant que précepteur pour que Ryan améliore son français. Officieusement, il s'agit plutôt de gagner sa confiance afin de l'aider à le remettre sur le droit chemin.

Voici donc Julien, immergé dans une somptueuse villa (Blue Jay Way) perchée sur les hauteurs de Los Angeles avec Ryan, Larry Gordon son père, producteur télé de son état, sa jeune belle mère Ashley et tout un tas de personnages qui gravitent autour d'eux, hauts en couleurs comme on peut s'y attendre dans cette ville complètement délurée. Isolé au milieu d'une jeunesse hollywoodienne dans laquelle il ne se reconnaît pas, Julien se rapproche très vite d'Ashley, la plantureuse (et jeune) nouvelle femme de Lary Gordon. Une liaison passionnée va même naître entre eux. Jusqu'au jour où Ashley disparaît et qu'il doit tout faire pour garder secrète leur liaison. Mais les drames ne s’arrêtent pas là, ils ne font d'ailleurs que commencer...

J'ai commencé la lecture de ce livre sans en attendre grand chose. La faute peut-être au descriptif qui l'accompagnait et qui faisait référence à Mullholand Drive et à Lunar park (excusez du peu). Ce genre de rapprochements relèvent souvent plus de l'argument marketing et provoquent chez le lecteur une espérance qui se soldera la plupart du temps par une déception (en tout cas chez moi). Mais entre les éditions Sonatine et moi c'est une grande histoire d'amour, la lecture d'une de leur parution est à coup sûre pour moi un grand moment de plaisir et Blue Jay Way n'y fait pas exception.

De ce livre, j'ai tout aimé. J'ai aimé sa construction, cette alternance entre le passé et le présent, entre personnages bien connus et d'autres qui ne feront leur entrée dans le récit que bien plus tard. J'ai aimé la plume de Fabrice Colin, directe et sans fioritures. J'ai aimé tous ces personnages aussi, et particulièrement celui de Julien. J'ai aimé son décor, un Los Angeles moite et sulfureux.

C'est assez étrange mais je n'ai pas eu l'impression de lire ce livre. J'ai eu l'impression de le vivre. J'ai été totalement happée par cette histoire à l'intrigue très bien ficelée, diablement efficace. Je me suis tout de suite sentie très proche du personnage de Julien, la similarité de nos goûts musicaux peut-être ? Car Blue Jay Way regorge aussi de clin d’œil à la culture populaire de l'Amérique contemporaine (dans le bon sens du terme).

Blue Jay Way est l'un de ces livres qui vous tiennent éveillés jusque tard dans la nuit et que vous regrettez de refermer une fois la dernière page tournée. Il sera en librairie le 15 février, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

Un grand merci à Fabrice Colin (allez faire un tour sur son blog) et aux éditions Sonatine pour m'avoir offert l'opportunité de lire ce livre.

Blue Jay Way de Fabrice Colin
Aux édition Sonatine
400 pages

A suivre :










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Un employé modèle ~ Paul Cleave

Et oui, encore du Sonatine ! Il faut dire que les livres de chez Sonatine sont bien souvent des valeurs sûres lorsqu'on aime les polars et les romans noirs en général...

Cette fois-ci nous sommes à Christchurch en Nouvelle-Zélande. Joe Middleton est l'archétype du vieux garçon un peu simplet, dévoué à sa mère, à son travail et ayant pour seuls amis deux poissons rouges répondant aux doux noms de Cornichon et Jéhovah. Enfin ça c'est pour la face publique. Car dans le privé, Joe se révèle être un impitoyable tueur en série surnommé le Boucher de Christchurch et ce côté simplet n'est en fait qu'une couverture.

En effet, Joe est homme de ménage dans le commissariat de la ville. Métier qui lui permet d'être au fait de l'enquête sur les meurtres qu'il a commis. D'autant plus que sur les sept meurtres qui lui sont attribués, un n'a pas été commis par lui. Joe est donc bien décidé à démasquer le plagiaire et à, pourquoi pas, lui attribuer les six autres meurtres...

✩ 

Ce n'est pas un pari facile que de traiter un polar sur le ton de l'humour. Paul Cleave y arrive pourtant à merveille. On se surprend d'ailleurs à pouffer de rire en plein milieu d'une scène de meurtre particulièrement difficile...

C'est simple, j'ai tout aimé dans ce livre : le personnage haut en couleur de Joe autour duquel tourne tout le récit, mais aussi celui de son infecte mère et de Sally, sa collègue folle amoureuse de lui.

J'ai également apprécié l'intrigue et le suspense qui ne retombe jamais. Et l'humour surtout, même s'il tend à baisser en intensité au fur et à mesure que les choses se corsent pour Joe.

Bref, un livre qui vous fera passer un très bon moment et que vous je recommande chaudement. Il est d'ailleurs sorti en poche il y a peu de temps.


Le dernier livre de Paul Cleave vient de sortir et a pour titre Un père idéal. L'histoire d'un papa bien sous tous rapports qui a un facheux penchant pour le meurtre de prostituées... Voilà qui sonne bien !


Un employé modèle de Paul Cleave
Chez Sonatine et Le livre de Poche

A suivre :


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Avec le diable ~ James Keene, Hillel Levin

Lorsqu'on aperçoit ce livre sur l'étal d'une librairie, on peut être tenté de s'attendre à une histoire d'immersion dans le milieu néonazi, un peu à la American History X. La faute à ce crâne rasé et ce titre évocateur. Une fois la quatrième de couverture parcourue, on comprend vite qu'il n'en est rien. 

Avec le diable, c'est l'histoire vraie de James Keene, trafiquant de drogue qui n'a a priori pas le profil du voyou lambda. Étudiant brillant mais attiré par l'argent facile, cette petite faiblesse va lui valoir dix ans de prison.

Mais voilà qu'un jour, le procureur qui l'a envoyé au trou va lui proposer un marché : s'il accepte d'être transféré dans l'une des pires prisons du pays et réussit à obtenir des infos auprès de Robert Hall, un tueur en série,  il sera libre. 

Et bien sûr, James Keene accepte. Il raconte dans ce livre son tête à tête avec le diable.

Le plus dur lorsque l'on lit ce livre, c'est de bien garder à l'esprit que cette histoire est véridique du début à la fin. Une sorte d'illustration parfaite que la réalité dépasse souvent la fiction. Ce témoignage est tout simplement fascinant. Entre la description des investigations mises en œuvre pour faire tomber Hall et le récit de Keene pour l'approcher et gagner sa confiance, aucun répit n'est laissé au lecteur. 

J'ai particulièrement aimé l'ambiance très sombre de ce livre. On se retrouve plongés dans le système carcéral américain où les conditions de détention semblent irréelles. Plongés aussi dans l'esprit de Keene, forcé de faire ami ami avec ce type qui le répugne. J'ai également apprécié le style parfois journalistique qui en ferait presque un livre d'enquête (grâce notamment aux nombreuses annotations).

Bref, encore une très belle trouvaille de Sonatine qui décidément ne me déçoit jamais...


Pour info, les droits d’adaptation cinématographique du livre ont été achetés par la Paramount, William Monahan (Les Infiltrés, Mensonges d’État) en écrit actuellement le scénario. 

Avec le diable, de James Keene et Hillel Levin
Chez Sonatine
285 pages


Next to come :



  
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Les visages ~ Jesse Kellerman


C'est un peu par hasard que des cartons contenant des milliers de dessins étranges et d'une beauté à couper le souffle tombent entre les mains d'Ethan Muller, un jeune galeriste new-yorkais. Leur auteur, un certain Victor Crack, qui vivait reclus dans son appartement depuis une quarantaine d'année, a subitement disparu.

Époustouflé par un tel talent artistique et persuadé qu'il pourra, grâce à ces dessins, se faire un nom en tant que galeriste, il décide de les exposer. 

Alors que les dessins rencontrent un succès immédiat, un policier à la retraite reconnaît certains visages y figurant : ceux d'enfants victimes de meurtres restés irrésolus depuis quarante ans.


Voici donc ma deuxième lecture de vacances. J'attendais énormément de ce livre qui a rencontré un succès énorme dès sa sortie en librairie. J'ai malheureusement été quelque peu déçue...

Le livre commence pourtant très bien : une narration à la première personne qui nous met immédiatement dans le bain, une intrigue comprenant la juste dose de mystères, un décor assez plaisant (le milieu des galeristes), des flashbacks passé / présent qui entretiennent le suspense...

Malheureusement, j'ai trouvé que l'auteur avait cédé à la facilité lors du dénouement final puisque j'ai à peu près tout vu arriver. Dommage lorsqu'il est question d'un polar n'est ce pas ? Je ne dirai pas que je n'ai pas apprécié la lecture de ce livre, je l'ai d'ailleurs dévoré, mais j'en garderai une impression négative. 

J'attends néanmoins avec impatience le prochain livre de Jesse Kellerman. Les visages étant son premier livre, je veux croire qu'il ne s'agissait là que d'un manque d'expérience !


« Tu ne peux pas nier qu'il y a un aspect de démence dans son œuvre. Sa façon obsessionnelle de remplir chaque centimètre carré de papier... Et puis il n'y a qu'un fou pour dessiner pendant quarante ans et tout planquer dans des cartons. »

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La compagnie des menteurs, Karen Maitland

J'aime les romans historiques, c'est un fait. Pour la petite histoire, il faut savoir que je suis venue aux romans historiques grâce au Nom de la Rose, j'aime l'obscurantisme médiéval et je suis toujours à l'affut de livres qui pourront m'y plonger.

Ce fut le cas avec La compagnie des menteurs de Karen Maitland. Nous sommes en 1348, la peste s'abat sur l'Angleterre. Les habitants, en proie à la panique, tentent de survivre et fuient à la recherche de contrées non encore touchées par la contagion. 

Parmi eux, une compagnie de neuf personnes se forment. Neuf personnages singuliers et que tout oppose : un vendeur de relique défiguré, un magicien taciturne, un conteur manchot, une jeune voyante, une domestique, deux musiciens italiens, un peintre et sa jeune femme enceinte. 

Bien sûr, leur périple va être accompagné d'événements tragiques. Un des voyageurs se retrouve pendu, un autre démembré et un troisième poignardé... Le groupe vivant en autarcie, il se pourrait bien que l'assassin se trouve parmi eux...

J'ai trouvé dans ce livre à peu près tout ce que j'y cherchais : une ambiance sombre, un suspense constant, un récit très bien documenté (historiquement parlant) et un coup de théâtre final que je n'ai pas vu venir un seul instant. J'oserai dire qu'on frôle presque le roman historique parfait ! D'un côté, avec une maison d'édition telle que Sonatine, valeur sûre dans le domaine du sombre, je ne m'attendais pas à autre chose.

Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde avec ce livre qui m'a donné envie de me tourner à nouveaux vers mes premières amours. Ne soyez donc pas surpris de lire quelques chroniques sur ce même type de livres dans les semaines qui arrivent...


La compagnie des menteur, Karen Maitland
Chez Sonatine
571 pages

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