Je ne vous parlerai pas du salon du livre...

Enfin presque pas...




Première fois pour moi au salon du livre lors de la nocturne de vendredi. Que dire sinon : quelle déception... 

J'étais déjà plutôt réfractaire avant même d'y aller mais cette visite figurait en bonne place dans mes bonnes résolutions littéraires de cette année, je me devais donc de m'y rendre.

J'en avais l'image d'une grande salle dénuée de tout charme, de toute convivialité, à l'ambiance parisiano-parisienne (je me regarde, je te regarde), d'auteurs inconnus, esseulés qui attendent un lecteur qui sans doute ne viendra pas... et c'est exactement ce que j'ai trouvé vendredi dernier.


Trop de choix, trop d'espace, trop de gens même pas, il n'y avait pas foule, trop d'ennui en tout cas. Comme s'il n'était pas possible de parler de livres et de la lecture autrement que par des conférences soporifiques avec des auteurs qui ont l'air de s'ennuyer eux-mêmes (Sofi Oksanen, dont j'ai adoré le livre en première ligne). Merci quand même à Abd al Malik qui, grâce à son apparente passion des mots et de la lecture, a remonté le niveau général.


Une chose est sûre, rien ne vaut l'atmosphère d'une petite librairie avec un sofa où l'on se sent presque chez soit.

Librairie L'Eternel Retour 77 Rue Lamarck 75018 PARIS

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Extension du domaine de la lutte ~ Michel Houellebecq

Non vous ne rêvez pas, c'est bien moi qui vous parle  encore d'un livre de Houellebecq. Si mon avis sur les particules élémentaires était plutôt tranché,  j'avoue que je n'ai pas résisté quand je suis tombée un peu par hasard sur Extension du domaine de la lutte qui, m'a-t-on dit, est son meilleur livre.

Ici, encore, nous voici en présence d'un looser, trentenaire, célibataire et informaticien de son état, ni moche ni beau, dénué de charme en tout cas, désenchanté sur le monde et la société contemporaine. Depuis la machine à café jusqu'en Province, ce type au cynisme hallucinant se plaît à observer ses congénères et leur lutte désespérée  pour l'amour, l'argent et le plaisir.


Et bien figurez-vous que je me suis laissée surprendre à aimer ce livre. J'y ai en fait trouvé tout ce que j'attendais des Particules élémentaires mais qui pourtant lui faisait cruellement défaut. 

Extension du domaine de la lutte c'est une critique acerbe de notre société à travers la personne du français moyen et vue sous l'angle du libéralisme. Libéralisme non pas économique mais plutôt sentimental, voire sexuel, qui serait donc une extension du domaine de la lutte qui caractérise l'économie actuelle. 

A côté de cette lutte des classes, il y aurait donc une lutte amoureuse, où tout le monde se battrait pour un peu d'amour et de plaisirs. A l'instar des personnages du roman, qui d'ailleurs valent le détour, qui se perdent dans leur solitude et leur désespoir...

J'ai aussi découvert dans ce livre un Houellebecq au potentiel comique certain et qui n'a pas son pareil pour décrire la laideur et la bêtise, à l'image de cette homonyme de Brigitte Bardot qui de Bardot n'a que le nom...

Certes on n'échappe pas aux séances de plaisirs solitaires, d'ailleurs comment faire dans un livre où tout n'est que solitude, mais cette fois-ci en plus petite dose. Le livre est d'ailleurs beaucoup plus court que Les particules élémentaires, ce qui le rend forcément plus digeste.

En bref, j'ai passé à ma grande surprise, un très bon moment de lecture et regrette vivement que notre choix se soit porté sur Les particules élémentaires lors du club de lecture...


Morceau choisi :

« Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l’adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs ; sur le plan sexuel, à celui des vaincus. Certains gagnent sur les deux tableaux ; d'autres perdent sur les deux. »



A bientôt pour mon avis sur La carte et le territoire 
(non je ne m'arrête plus).


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Alibi : enfin un magazine littéraire dédié aux polars !

Si j’aime lire, je dois avouer que les magazines littéraires, bien trop généraux voire carrément trop ennuyant classiques, n’ont jamais conquis une fan de roman noirs telle que moi. C’est donc avec grand plaisir que j’ai appris la parution d’Alibi, un nouveau magazine, dédié au monde du "noir".


Les trois créateurs : Paolo Bevilacqua, Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal sont tous trois journalistes,  fans de polars mais aussi grands consommateurs de séries télé et amateurs de faits divers. Leur idée ? Proposer un magazine au contenu de qualité, des articles longs, des reportages, des interviews, de belles photos. Bref, un objet différent, un magazine-livre original…

Original tout d'abord de part ses prétentions, le magazine se décrivant lui même comme haut de gamme avec son papier de bonne qualité et l'attention tout particulière portée sur les photos. Mais aussi de part son format, plus proche du livre que du magazine, les créateurs préférant d'ailleurs le terme de « mag book ». Et surtout par cette volonté de raconter le monde à travers le prisme du polar.

Au sommaire du numéro 1 : 

Flics et voyous, la plume dans la plaie : un grand dossier sur les flics et voyous qui passent à l’écriture, avec Anne Perry et Hafed Benotman. 

Un entretien avec Massimo Calandri du quotidien La Reppublica, le journaliste qui a découvert le « Monstre de Gênes », un tueur en série italien aujourd'hui derrière les barreaux.

Mais aussi un grand entretien exclusif avec R.J Ellory (dont je suis actuellement en train de lire le dernier livre) au cours duquel il révèle ses secrets d'écriture ; la découverte d’Edimburg avec le personnage de Ian Rankin, une rencontre avec Marcus Malte et bien sûr des chroniques de polars !


Alibi sortira donc tous les trois mois. Vous pourrez vous le procurer chez certains libraires mais aussi dans toutes les FNAC et Virgin, les Relay gares et aéroports ainsi que certaines Maisons de la Presse au prix de 15 euros.

Je vous recommande aussi de faire un tour sur le site internet du magazine qui regorge de bonnes idées de lecture.


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Sélection ~ Romans historiques

Si j’aime lire tout et n’importe quoi (enfin presque), je dois bien reconnaître qu’il est un genre que j’affectionne tout particulièrement : le roman historique. Qu’il soit classique ou plutôt polar, j’aime ces livres qui me transportent dans des époques qui me passionnent.

Petit tour d’horizon de mes auteurs et livres favoris :


Le plus romancé : Jean Teulé

Découvert grâce à Je, François Villon, superbe roman qui retrace la vie atypique de ce poète français médiéval trop peu connu, Jean Teulé ne m’a jamais déçu. Que ce soit avec Ô Verlaine, qui relate la vie anti-conformiste du poète ou le Montespan consacré au cocu le plus célèbre de la cours de Versailles, Teulé est un auteur à ne pas manquer.

Pour commencer : le Montespan



Le plus policier : Jean François Parot

Ce diplomate français est l’auteur de la série Nicolas le Floch, enquêteur au Châtelet au 18ème siècle qui en est déjà à sa neuvième enquête en dix années d’existence. La série fait d’ailleurs l’objet d’une adaptation pour France télévision (la saison 3 a été diffusée e décembre sur France 2)

Outre les enquêtes toujours très bien ficelées, on ne peut qu’apprécier la manière dont cet auteur passionné et toujours très documenté nous dépeint le mode de vie parisien du 18ème siècle. Un incontournable !

Pour commencer : L’énigme des blancs manteaux



Le plus "olé olé" : Une éducation libertine
Jean Baptise Del Amo

J’ai été très emballée par Une éducation libertine, prix Goncourt du premier roman,  qui retrace l'ascension et la chute d'un homme dans le Paris du XVIIIème siècle. L'asservissement du protagoniste à la chair apporte à ce livre une sensualité remarquable. Je déconseille d'ailleurs de le laisser entre des mains innocentes...

Del Amo, 26 ans seulement, possède une plume impressionnante : belle, poétique et fluide. 




Le plus dandy : Gyles Brandreth
et son Oscal Wilde détective 

Si l'idée même de ramener Oscar Wilde à la vie sous les traits d'un détective dans une série de fiction policière peut paraître un peu osée, il faut avouer que Gyles Brandreth a su me convaincre. Pourquoi ? Grâce à sa passion du célèbre dandy (qu'il connaît par cœur), à ses intrigues originales et documentées ainsi qu'à la pointe d'humour dont il parsème ses livres. Quant à son rôle de détective, rien de surprenant puisque dans la vie, Wilde était un grand ami de Conan Doyle dont il affectionnait tout particulièrement les enquêtes.

Cette série a également le mérite de réhabiliter Oscar Wilde, trop souvent perçu comme un libertin abonné aux scandales et de mettre en lumière, à côté de sa personnalité sulfureuse, le génie qui était le sien.


Pour commencer : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles



Le plus sombre : La nuit de l’infamie
Michael Cox

Un roman éblouissant sur le thème de la vengeance.

Dans l'Angleterre victorienne du XIXème siècle, nous faisons connaissance avec Edward Glyver, séduisant jeune homme lettré, bibliophile passioné et fumeur d'opium à ses heures.

Elève à Eton, il est promis à un brillant avenir. Pourtant tout va s'effondrer. Accusé d'avoir volé un des plus précieux livres de la bibliothèque du collège, Edward va être renvoyé de l'école, humilié et va finir croupissant dans un cabinet de notaire londonien en tant que clerc.

A partir de là, Edward ne va avoir qu'une seule idée en tête : se venger de celui qui a détruit sa vie.

Tout commence donc par un meurtre purement gratuit par lequel Edward va tester sa capacité à tuer, se faire la main en somme. Mais alors qu'il était persuadé d'être passé inaperçu, un maître chanteur va pousser Edward à se confier à son meilleur ami.

Tout au long des 600 pages de ce roman, l'auteur nous relate la confession d'Edward, les raisons de cette vengeance à coups de rebondissements tous aussi inattendus les uns que les autres. A ne pas manquer...




La plus épicurienne : Michèle Barrière

Historienne, écrivain et membre du conseil scientifique de Slowfood France (mouvement pour la sauvegarde du patrimoine culinaire mondial), Michèle Barrière est réputée pour ses polars historico-gastronomiques.

A côté d'intrigues souvent rondement menées, elle s'attache à faire découvrir à ses lecteurs une certaine période à travers ses traditions culinaires. Chaque livre se clôt d'ailleurs par un petit cahier de recettes des plats mentionnés dans son récit.

A conseiller à tous les fans de cuisines et d'Histoire...

Pour commencer : Meurtres à la Pomme d'or



Voilà pour mes coups de coeurs romans et polars historiques. Je vous ferais grâce des auteurs archiconnus (et reconnus) comme Ken Follet (Les pilliers de la terre), ouUmberto Eco (Le nom de la rose) mais vous conseille vivement de tenter l'un de ces titres,  plus accessibles, vous m'en direz des nouvelles !


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